Archives de l'auteur pour Entraide positive

09
déc
09

samedi 15 août, j’ai embrassé un séro+

Ce photo reportage animé a été réalisé le 15 août 2009 rue Sainte-Catherine à Montréal, au cours de la Journée communautaire gay et lesbienne de Montréal. À l’occasion de cet événement. certains groupes communautaires ont voulu souligner à leur façon la campagne Stop Sérophobie de la COCQ-sida.

Maison Plein Cœur avait installé un “Kissing-Booth” pour inviter la foule à embrasser une personne séropositive. Cette vidéo de Fréquence VIH vous donne un bref aperçu de cette chaude journée.

http://www.frequencevih.ca/a-visionner/videos-de-frequence-vih/article/le-samedi-15-aout-j-ai-embrasse-un

09
déc
09

Heureuses Fêtes !

Déjà la fin de l’année 2009 approche et que 2010 se pointe à l’horizon. En cette période de l’année, nous vous remercions de votre implication et participation et aux activités du projet Entraide Positive. Nous vous souhaitons une périodes des Fêtes remplies de joie et de bonheur.

L’équipe des pairs aidants d’Entraide Positive

09
déc
09

Le sérotriage : choix éclairé ou divination?

19
nov
09

Le VIH au Canada – une réalité, que vous la voyiez ou non

Il ne fait aucun doute que le visage du VIH au Canada a beaucoup évolué depuis le début de l’épidémie. Ce qui n’a pas changé est que le VIH demeure un important défi, même au Canada, avec une moyenne de 2 300 à 4 500 nouveaux cas par année – et ce, malgré que l’infection soit entièrement évitable.

Alors que le VIH/sida était auparavant associé surtout aux hommes gais et aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, il est aujourd’hui prévalent dans d’autres segments de la population canadienne. Les Autochtones et les personnes de communautés ethnoculturelles sont surreprésentés dans l’épidémie, alors qu’un nombre croissant de cas de VIH déclarés sont attribués aux rapports hétérosexuels. Les femmes constituent maintenant le quart des personnes vivant avec le VIH au Canada.

Grâce aux percées thérapeutiques, le VIH est de plus en plus gérable. De fait, que vous le voyiez ou non, parmi une foule de gens, vous pourriez vous trouver sans le savoir à côté d’une personne qui vit avec le VIH. Malheureusement, il se pourrait qu’elle ne le sache pas non plus, car 30 % des personnes vivant avec le VIH ne sont pas au courant de leur séropositivité. Si c’était vous, comment le verriez-vous? Pourquoi le verriez-vous différemment dans le cas de quelqu’un d’autre?

À l’occasion de la Semaine nationale de sensibilisation au VIH/sida, du 24 novembre au 1er décembre, renseignez-vous sur le VIH/sida au Canada et sur les façons dont vous pouvez contribuer à freiner l’épidémie. Parlez-en !

05
nov
09

Le Collège recommande la vaccination

Dans le contexte de l’influenza A(H1N1), le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège, invite les médecins et leurs patients à se faire vacciner.

16
oct
09

La consommation de drogues, les médicaments contre l’impuissance et la transmission du VIH — y a-t-il un lien?

Certaines personnes ont recours aux drogues pour s’amuser. Toutefois, les drogues peuvent nuire au jugement, à la pensée critique et au bon sens de ceux et celles qui en prennent. Dans les contextes sexuels, la consommation de substances illicites peut favoriser les relations non protégées et, ainsi, la propagation du VIH et d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS).

Chez les hommes, la consommation de certaines substances – alcool, cocaïne, ecstasy et marijuana, entre autres — peut réduire leur capacité à obtenir et maintenir une érection. Par conséquent, certains hommes prennent à la fois des drogues et des médicaments contre l’impuissance (également appelée dysfonction érectile ou DE). En voici quelques exemples :

  • sildénafil (Viagra)
  • tadalafil (Cialis)
  • vardénafil (Levitra)

Des chercheurs de Sydney, en Australie, ont mené une étude sur la relation entre drogues illicites, médicaments contre la DE, comportements sexuels et transmission du VIH. Leur recherche pourrait mener à la découverte de nouveaux moyens d’aider les hommes gais à vivre de façon sécuritaire et en bonne santé.

Étude HIM

Les chercheurs australiens ont recruté des hommes sexuellement actifs pour une étude appelée Health In Men (HIM). Au moment de leur admission, tous les participants étaient séronégatifs. Tous les six mois, les chercheurs les interviewaient de manière exhaustive sur leurs activités sexuelles et leur consommation de drogues. Les participants subissaient également un test de dépistage du VIH chaque année.

Le recrutement pour cette étude a débuté en juillet 2001 et s’est poursuivi jusqu’en juin 2004. Les chercheurs ont recueilli des données sur 1 427 hommes, et l’analyse de celles-ci se poursuit. Au moment de leur admission à l’étude, les hommes avaient le profil moyen suivant :

  • âge – 37 ans
  • 52 % avaient fait des études universitaires
  • 80 % avaient consommé des drogues illicites au cours des six mois précédents
  • 21 % avaient pris des médicaments contre la dysfonction érectile

Résultats

Au total, 53 hommes ont contracté le VIH au cours de l’étude. Ils avaient en moyenne 37 ans.

Selon les chercheurs, 621 hommes disaient avoir eu des rapports sexuels anaux protégés et non protégés avec des partenaires passagers au cours des six mois précédents. Environ 50 % de ces hommes avouaient avoir pris des drogues illicites. Prenant en compte de nombreux facteurs, les chercheurs ont conclu que le recours à des médicaments contre la dysfonction érectile augmentait les risques de transmission du VIH.

Chez les consommateurs de substances comme le nitrite de pentyle (poppers) ou le crystal meth, les risques de se faire infecter par le VIH augmentaient considérablement s’ils prenaient également des médicaments contre la dysfonction érectile. Cela pourrait être dû au fait que de nombreux hommes gais et bisexuels utilisent en combinaison des drogues et des médicaments contre la DE pour « faciliter l’activité sexuelle dans les contextes sexuels intenses (sex partying contexts). »

La recherche du plaisir

Selon cette équipe de chercheurs, certains hommes gais qu’ils qualifient de « sexuellement aventureux » courent tellement après le plaisir qu’ils sont prêts à entreprendre des activités à risque élevé telles que la prise de substances illicites et les rapports anaux non protégés. De plus, dans un tel contexte, certains hommes ont recours à des médicaments contre la DE aussi.

D’autres études avaient permis de constater que la prise de crystal meth et de médicaments contre la DE poussait certains hommes à participer à des « marathons sexuels ». Les rapports sexuels prolongés peuvent causer la rupture des condoms et endommager les tissus du pénis ou de l’anus, augmentant ainsi les risques de contracter ou de transmettre le VIH. Ainsi, il est possible que certains participants à l’étude australienne dont nous parlons ici étaient capables de faire durer très longtemps leurs relations sexuelles grâce aux drogues et aux médicaments contre la DE, d’où l’accroissement des risques d’infection par le VIH chez ces derniers.

L’importance du contexte

L’équipe australienne fait valoir que pour mieux comprendre les risques de transmission du VIH, il est important de connaître le contexte dans lequel les drogues sont consommées. Les chercheurs ajoutent que le simple fait d’affirmer que les drogues nuisent au jugement n’explique que partiellement l’impact de celles-ci sur les risques de transmission. Les liens entre la consommation de drogues et les comportements à risque sont complexes, disent-ils. Des chercheurs australiens et d’autres pays ont par exemple trouvé que de nombreux hommes prennent de la drogue pour faciliter leurs connexions sociales et sexuelles avec d’autres hommes. En combinant drogues illicites et médicaments contre la dysfonction érectile, ces hommes cherchent à rehausser leur performance sexuelle et à accroître leur plaisir afin d’intégrer des «  subcultures gaies plus aventureuses sur le plan sexuel. »

L’avenir

Préoccupée par la fréquence de la consommation de drogues et de médicaments contre la DE dans la communauté gaie et bisexuelle, cette équipe australienne a soulevé plusieurs questions qui ont besoin d’être étudiées en profondeur :

  • « Quels sont les facteurs spécifiques, biologiques ou autres, qui expliquent le lien entre la prise de médicaments contre la dysfonction érectile et l’augmentation du risque d’infection par le VIH? »
  • « Quel rôle les drogues illicites jouent-elles dans la pratique d’activités sexuelles spécifiques dans les contextes sexuels intenses ? »
  • « De quelle façon le nitrite pentyle et les médicaments contre la dysfonction érectile sont-ils utilisés par les hommes gais? »

L’exploration de ces questions devrait jeter une lumière sur les comportements de certains hommes gais et bisexuels. La connaissance ainsi acquise pourrait ensuite aider ces hommes à réduire leurs risques à l’égard du VIH et à vivre en meilleure santé.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Prestage G, Jin F, Kippax S, et al. Use of illicit drugs and erectile dysfunction medications and subsequent HIV infection among gay men in Sydney, Australia. Journal of Sexual Medicine. 2009 Aug;6(8):2311-20.

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24
sept
09

VIH/sida – Un nouvel espoir

En mélangeant deux vaccins connus qui ne s’étaient pas révélés efficaces séparément, des chercheurs américains et thaïlandais semblent avoir réduit de près du tiers les infections au VIH dans un échantillon thaïlandais. Les résultats sont accueillis avec un optimisme prudent.

VIH/sida - Un nouvel espoir

Des chercheurs américains et thaïlandais ont révélé jeudi les résultats prometteurs d’un essai clinique d’un nouveau vaccin contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus à l’origine du sida.

En mélangeant deux vaccins connus qui ne s’étaient pas révélés efficaces séparément, il a été possible de réduire de 31,2 % le nombre d’infections au VIH dans un échantillon de 16 000 Thaïlandais à risque.

L’essai, qui a été mené par le ministère thaïlandais de la Santé et l’armée américaine, est présenté comme le plus important jamais effectué pour un vaccin contre le sida dans le monde.

Âgés de 18 à 30 ans, les participants, des hommes et des femmes séronégatifs, ont été vaccinés puis suivis tous les six mois pendant trois ans. Une moitié du groupe a reçu le vaccin, et l’autre moitié un placebo. Les deux groupes ont reçu de l’information relativement à la prévention du VIH/sida.

Au final, 51 individus ayant reçu le vaccin ont été infectés contre 74 parmi ceux ayant reçu le placebo.

Ce résultat représente une percée, car « c’est la première fois qu’il y a une preuve qu’un vaccin contre le VIH a une efficacité préventive », précisent les chercheurs dans un communiqué. Reste que ce vaccin ne peut rien faire une fois que la personne a été contaminée.

Un enthousiasme contenu

Dans un communiqué conjoint, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONUSIDA ont fait preuve d’un optimisme prudent, jugeant que le vaccin a « un effet protecteur modeste ».

Ces résultats soulèvent cependant un « nouvel espoir » de trouver une solution définitive pour contrer le sida, mais beaucoup de travail reste à faire, peut-on lire dans le communiqué.

Les deux organisations onusiennes soulignent qu’il reste notamment à déterminer la durée de la protection, si le vaccin peut être administré dans d’autres parties du monde et s’il est efficace sur d’autres sous-types du VIH.

Pour l’OMS et l’ONUSIDA, le vaccin annoncé jeudi se veut un outil supplémentaire dans la démarche globale de la lutte contre les infections au VIH.

La nouvelle est « encourageante », affirme le Dr Richard Horton, rédacteur en chef du journal médical The Lancet . Mais les résultats pourraient être le « résultat du hasard » étant donné le faible échantillon, prévient-il. D’autres recherches sont nécessaires pour confirmer ces résultats, conclut le Dr Horton.

Agence France Presse et BBC

24
sept
09

VIH-sida, 25 années de traitement.

Portrait de l’évolution des traitements du VIH, d’hier à aujourd’hui. (PVSQ-Info-Traitement)

Conférencier : Dr Réjean Thomas, président fondateur de la Clinique médicale l’Actuel et fondateur deMédecins du Monde Canada. Le Dr Thomas fait un survol de ces 25 années de VIH-sida qu’il a vécues intimement depuis les débuts. Une conférence pleine d’émotions qui nous rappelle d’où nous venons et où nous allons.

Sur Fréquence VIH http://www.frequencevih.ca/a-visionner/videos-de-frequence-vih/article/vih-sida-25-annees-de-traitement

23
sept
09

La PPE ou prophylaxie post-exposition

Depuis quelques années, la recherche sur la prophylaxie post-exposition en cas de contact sexuel à risque a donné lieu à des avancées majeures, et cette recherche se poursuit de nos jours. Par exemple, lorsqu’un couple « séro-discordant » (un des partenaires est porteur du VIH, l’autre pas) a un accident sexuel – bris de condom, condom qui reste dans le vagin ou le rectum, pénétration non-protégée en raison de consommation de drogue ou d’alcool, ou pour toute autre raison –, un traitement préventif peut être envisagé. Il est important de souligner qu’on ne parle pas ici de la pilule du lendemain. Il est encore difficile d’évaluer l’efficacité de tels traitements préventifs. La théorie en matière de PPE sexuelle s’inspire de ce qui se fait dans les cas de PPE professionnelle (piqûres d’aiguilles) et de prévention de la transmission mère-enfant. Les résultats obtenus après traitement dans ces deux derniers cas suggèrent un bénéfice potentiel, mais il n’y a aucune garantie de succès. La prévention demeure votre meilleure protection contre la transmission du VIH / sida.

Vous avez potentiellement été exposé au VIH… Que devez-vous faire ?

  • Consultez un médecin qui est bien au fait de la prophylaxie post-exposition (PPE) ;
  • Souvenez-vous que le temps joue un rôle crucial dans la PPE : le plus tôt vous consultez, le mieux ce sera pour vous. Plus le traitement est amorcé rapidement, meilleures sont les chances de succès. La plupart des médecins s’entendent pour dire que 72 heures après le contact sexuel à risque, les bénéfices d’un traitement sont probablement nuls. Le mieux est de consulter immédiatement après l’incident, ou dans les 24 heures ;
  • Le médecin évaluera le niveau de risque, de même que votre aptitude à bien prendre et à tolérer les traitement. Dans les cas où la sitation le justifie, le médecin vous suggérera de prendre une trithérapie. La décision de la prendre ou pas demeure entièrement vôtre. Le médecin vous aidera à prendre la meilleure décision ;
  • Le traitement dure quatre semaines. Comme indiqué plus tôt, il ne s’agit pas de la « pilule du lendemain » ;
  • Un suivi rigoureux est primordial pendant et après le traitement, afin de bien gérer les effets secondaires de la trithérapie ;
  • Un test de détection des anticorps du VIH sera fait le jour de la consultation, de même qu’un mois et trois mois après le contact à risque. Ceci a pour but d’établir votre statut sérologique au début et à la fin du traitement, de même qu’une fois passée la période fenêtre de trois mois ;
  • Idéalement, plus vous en savez sur votre partenaire (historique médicamenteux, résultats de laboratoire, échecs antérieurs au traitement antiorétroviral), mieux votre médecin pourra vous confectionner un traitement post-exposition sur mesure, afin de limiter les risques de transmission du VIH.

Que nous réserve l’avenir ?

Présentement, il y a une vingtaine de nouveaux médicaments anti-VIH en cours d’évaluation, qui ont de bonnes chances d’être mis en marché dans les deux prochaines années. Plusieurs de ces traitements comportent des avantages importants par rapport aux médicaments existants : posologie simplifiée, moins de toxicité et profil de résistance plus favorable. Il y a également d’autres médicaments à l’étude qui s’attaquent à de nouvelles cibles du virus, ainsi que des recherches qui se poursuivent en vue de dépister le virus là où il se cache, d’enseigner l’autodéfense aux cellules et de renforcir le système immunitaire.

Pour quand un vaccin contre le VIH / sida ?

Il faudra encore plusieurs années et beaucoup de recherches avant de trouver un vaccin qui protègera contre le VIH, à cause de la capacité du virus de se modifier. Mais les progrès étonnants réalisés au cours des dernières années dans le traitement de la maladie nous procurent un certain optimisme. Une quantité impressionnante de ressources sont consacrées à la recherche d’un vaccin efficace. Il est donc très possible que l’on connaisse une percée tout aussi intéressante que celle que l’on a vécue en 1997 avec l’arrivée des nouveaux traitements très puissants qui ont permis de transformer cette infection mortelle en une infection chronique !

Pour plus d’information, vous pouvez communiquer avec :

Texte écrit par Dr. Harold Dion

Source: site de la clinqiue l’Actuel – www.cliniquelactuel.com

22
sept
09

Grippe H1N1 et les personnes séropositives

En mars 2009, un nouveau virus de la grippe appelé H1N1 (connu également sous le nom de grippe porcine) est apparu au Mexique et s’est rapidement propagé à d’autres régions du monde. Maintenant que l’hiver approche et que les infections grippales sont près de se multiplier, les autorités de la santé publique s’attendent à observer une éclosion d’infections par le H1N1 dans l’hémisphère Nord, y compris au Canada, aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Mexique et dans les Caraïbes.

Chez un grand nombre de personnes, l’infection par le virus H1N1 ne cause que des symptômes légers à modérés de la grippe qui se résorbent après une semaine environ. Toutefois, chez une faible proportion des personnes touchées, le virus H1N1 peut provoquer de graves complications nécessitant parfois l’hospitalisation. Les facteurs à l’origine de ce genre de complications ne sont pas clairs à l’heure actuelle. Cependant, à en croire les meilleures données disponibles, il semble bien que les risques de complications associés au H1N1 soient plus importants pour les personnes ayant un système immunitaire affaibli, y compris celles vivant avec le VIH.

Dans ce bulletin de Nouvelles-CATIE, nous offrons des informations essentielles au sujet du H1N1, ainsi que des conseils concernant la prévention et le traitement du H1N1 chez les adultes vivant avec le VIH.

Les personnes vivant avec le VIH sont-elles plus vulnérables aux complications associées au H1N1?

Tout comme les autres virus de la grippe, le H1N1 ne provoque pas les mêmes effets chez tout le monde. Comme il s’agit d’une nouvelle infection, nous avons peu de données sur l’impact spécifique qu’a la H1N1 chez les personnes vivant avec le VIH. Il n’empêche que nos connaissances actuelles nous permettent de dresser la liste suivante de facteurs susceptibles d’accroître la vulnérabilité des PVVIH aux complications de l’infection par le H1N1.

Les personnes dont le système immunitaire a été affaibli par le VIH courent un risque  accru de complications associées à n’importe quelle grippe, y compris celle causée par le virus H1N1. Cela inclut les personnes ayant un faible compte de CD4+. Comme beaucoup de personnes séropositives ne sont diagnostiquées que lors d’un stade avancé de l’infection, de nombreuses personnes ignorent qu’elles sont porteuses du VIH et qu’elles sont donc plus vulnérables à l’égard des complications de la grippe et de l’infection par le H1N1.

Les personnes séropositives ayant un compte de CD4+ élevé pourraient être à risque aussi, même si elles prennent des médicaments anti-VIH. Plusieurs études ont permis de constater que, malgré la prise de médicaments anti-VIH, les personnes séropositives sont plus sujettes aux complications de la grippe saisonnière, telles que des infections pulmonaires bactériennes.

Certaines personnes vivant avec le VIH ont d’autres problèmes de santé qui sont susceptibles d’affaiblir leur système immunitaire et de les rendre ainsi plus vulnérables à la grippe saisonnière.  Les états médicaux suivants pourraient accroître les risques de complications associées à l’infection par le H1N1 :

  • diabète;
  • maladie cardiovasculaire;
  • asthme;
  • dysfonction rénale;
  • greffe d’organe;
  • grossesse.

Des médecins du Canada, du Mexique, des États-Unis et d’autres pays qui ont soigné des patients atteints du H1N1 ont décelé d’autres facteurs qui semblent accroître le risque d’infection :

  • âge entre 20 et 49 ans;
  • grand surplus de poids (indice de masse corporelle supérieur à 30);
  • présence d’autres problèmes de santé.

De nombreux experts recommandent que toute campagne de vaccination contre le H1N1 donne la priorité aux personnes vivant avec le VIH.

Comment le H1N1 se transmet-il?

Ce virus se transmet de la même manière que la grippe saisonnière. Lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue, elle libère un jet de minuscules gouttelettes de mucus contenant des virus grippaux. Si ces gouttelettes sont inhalées par une autre personne, celle-ci risque d’être infectée aussi. Si les gouttelettes atterrissent sur des surfaces – comptoirs, bureaux, poignées de porte, etc. – d’autres personnes risquent d’y être infectées si elles se touchent le nez, la bouche ou les yeux après être entrées en contact avec ces surfaces. De plus, comme les virus grippaux peuvent survivre sur la peau humaine, il est possible de contracter l’infection en serrant la main d’une personne infectée. Les virus de la grippe peuvent survivre sur des surfaces à l’extérieur du corps pendant jusqu’à 24 heures.

Comment puis-je me protéger contre l’infection par le H1N1?

1. Conseils généraux

Voici une liste de mesures qui pourraient vous protéger contre le H1N1. Elles sont recommandées par l’Agence de la santé publique du Canada, les U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et les European Centres for Disease Control :

  • Lavez-vous les mains fréquemment et soigneusement avec du savon et de l’eau chaude ou servez-vous d’un produit antiseptique à base d’alcool. Il est particulièrement important de se laver les mains avant de manger et après être rentré de lieux publics.
  • Toussez et éternuez dans votre manche si aucun mouchoir n’est à votre portée.
  • Évitez le plus possible de vous toucher les yeux, le nez et la bouche. Si vous devez le faire, utilisez un mouchoir et jetez celui-ci après usage.
  • Dans la mesure du possible, évitez les contacts avec les personnes malades présentant des symptômes grippaux. Si vous prenez soin d’un proche atteint du H1N1, prenez les mesures suivantes pour réduire vos risques de contracter le virus.
  • Faites-vous vacciner contre la grippe saisonnière. Même s’il est probable que le H1N1 deviendra un virus courant, la grippe saisonnière ne disparaîtra pour autant. L’infection par la grippe saisonnière peut causer des complications dangereuses chez les personnes vivant avec le VIH. Sachez aussi que le vaccin contre la grippe saisonnière ne vous protègera pas contre le H1N1.
  • Votre système immunitaire s’affaiblit lorsque vous n’êtes pas en forme, alors assurez-vous de bien dormir et de faire de l’exercice. La réduction du stress et une bonne alimentation sont utiles aussi pour rester en bonne santé.

2. Le vaccin anti-H1N1

Plusieurs vaccins contre le H1N1 sont à l’étude dans différentes parties du monde. Bien que nous n’ayons pas de données précises sur l’efficacité éventuelle qu’auront ces vaccins chez les personnes séropositives, des années d’expériences avec d’autres vaccins antigrippaux nous laissent croire que les vaccins anti-H1N1 seront aussi sûrs et aussi efficaces chez les PVVIH que chez les personnes séronégatives. Les autorités sanitaires fédérales, provinciales, territoriales et municipales élaboreront une stratégie pour une campagne de vaccination pancanadienne. Restez au courant de l’accessibilité du vaccin dans votre région (lisez la section Ressources à la fin de ce bulletin pour savoir comment vous renseigner). Parlez à votre médecin ou infirmière aussitôt que le vaccin anti-H1N1 sera offert près de chez vous.

3. Les médicaments antiviraux pour la prévention de l’infection par le H1N1

Dans certaines situations, on a recours a des médicaments antiviraux tels que l’oseltamivir ou le zanamivir pour aider à prévenir l’infection par le H1N1 chez les personnes exposées au virus qui n’ont pas encore présenté de symptômes de la grippe. Lorsqu’on utilise des médicaments à des fins préventives comme c’est le cas ici, on parle de prophylaxie post-exposition ou PPE. Si vous avez eu des contacts rapprochés avec une personne atteinte du H1N1, parlez à votre médecin ou infirmière de la possibilité de prendre des antiviraux pour vous protéger contre l’infection par le H1N1.

Quels sont les signes et symptômes de l’infection par le H1N1?

Comme les signes et symptômes de l’infection par le H1N1 ressemblent beaucoup à ceux de la grippe saisonnière, seul votre médecin ou infirmière pourra diagnostiquer la cause de vos symptômes. Voici une liste de symptômes associés au H1N1 :

  • fièvre;
  • toux;
  • nez bouché ou dégoulinant;
  • maux de tête;
  • douleurs musculaires ou articulaires;
  • frissons;
  • fatigue;
  • maux de gorge.

Certains patients se plaignent de diarrhées et de vomissements aussi.

Dans les cas extrêmes, les signes et les symptômes suivants peuvent se produire. Si vous éprouvez un des symptômes dans cette liste, contactez sans tarder votre professionnel de la santé ou composez le 911 :

  • difficulté à respirer ou essoufflement;
  • douleur ou sensation de pression dans la poitrine ou l’abdomen;
  • étourdissements soudains;
  • désorientation ou confusion;
  • vomissements sévères ou persistants.

Que dois-je faire si j’ai des symptômes de l’infection par le H1N1?

Comme les signes et symptômes de l’infection par le H1N1 ressemblent beaucoup à ceux de la grippe saisonnière, seul votre médecin ou infirmière pourra diagnostiquer la cause de vos symptômes. Si vous éprouvez des symptômes grippaux, contactez votre médecin ou infirmière pour obtenir des conseils. Ils vous aideront à déterminer les mesures qu’il faut prendre, telle la prise de médicaments antiviraux, par exemple.

Pour éviter d’infecter d’autres personnes, suivez les conseils de votre médecin ou infirmière et restez chez vous.

Si vous éprouvez de graves symptômes grippaux, ne présumez pas que le H1N1 en est la cause. Il existe plein d’autres infections et affections qui peuvent causer des symptômes semblables. Demandez toujours conseil à un professionnel médical pour bien gérer vos symptômes.

Comment prendre soin de moi ou d’une autre personne infectée par le virus H1N1?

Pour beaucoup de personnes touchées par le H1N1, les professionnels de la santé recommandent des soins à domicile et un suivi minutieux des symptômes. Pour cette raison, il est important que vous soyez prêt à vous soigner (ou à soigner d’autres personnes) à la maison.

1. Précautions générales pour prévenir la propagation de l’infection

  • Toutes les personnes vivant avec une personne infectée doivent prendre les précautions décrites dans la section ci-dessus intitulée « Comment puis-je me protéger contre l’infection par le H1N1? ».
  • Évitez de partager tout article qui pourrait être contaminé par des microbes, tels que serviettes, ustensiles ou vaisselle. Gardez les serviettes, la vaisselle et les ustensiles de la personne malade éloignées des articles utilisés par les autres membres du ménage.
  • Lavez fréquemment les surfaces et les articles partagés, tels que poignées de porte, tables, comptoirs, téléphones et télécommandes.
  • Dans la mesure du possible, les personnes infectées par le H1N1 devraient éviter les contacts rapprochés avec d’autres personnes. Cela veut dire maintenir une distance d’environ deux mètres (six pieds), porter un masque ou se couvrir la bouche avec un mouchoir. Envisagez d’installer la personne malade dans une chambre privée ou elle peut se reposer loin des pièces communes de la maison.
  • Les personnes infectées par le H1N1 devraient attendre au moins 24 heures après la disparition de leur fièvre avant de recevoir des visiteurs. Si des médicaments contre la fièvre ont été utilisés – l’ibuprofène (Advil, Motrin) ou l’acétaminophène (Tylenol), par exemple – attendez 24 heures après la disparition de la fièvre et la dernière prise de médicament. Les coups de fil sont beaucoup plus sécuritaires que les visites.
  • Si votre médecin ou infirmière vous autorise à sortir pour de brèves périodes, portez un masque pour éviter d’infecter les autres lorsque vous toussez ou éternuez.

2. Comment gérer les symptômes du H1N1

Si votre médecin ou infirmière vous a dit (ou un autre membre de votre ménage) de rester chez vous à cause du H1N1, voici quelques mesures que vous pourrez prendre pour gérer la maladie et prévenir la propagation de l’infection :

  • Reposez-vous beaucoup.
  • Buvez beaucoup de liquides clairs – eau, jus, tisanes, soupes.
  • Évitez l’alcool, la caféine, le thé et les boissons énergisantes car ils peuvent causer la déshydratation.
  • Respectez les consignes de votre médecin ou infirmière et restez chez vous.
  • Si on vous a prescrit des antiviraux pour combattre la grippe, prenez-les en suivant les instructions à la lettre.

Lorsque vos symptômes se seront atténués, parlez à votre médecin ou infirmière de la possibilité de reprendre votre travail ou vos activités bénévoles. Au cours des jours suivant la disparition de vos symptômes, votre corps produira graduellement de moins en moins de H1N1. Lorsque vous reprendrez vos activités, il sera donc important que vous continuiez de vous laver fréquemment les mains et de prendre les précautions nécessaires lorsque vous toussez ou éternuez afin de ne pas infecter d’autres personnes.

Existe-t-il des traitements contre le H1N1?

Il y a deux médicaments antiviraux qui sont disponibles sur ordonnance pour le traitement de l’infection par le H1N1 :

  • oseltamivir (Tamiflu) – sous forme de comprimés;
  • zanamivir (Relenza) – sous forme de poudre inhalée.

Ceux-ci sont les seuls médicaments approuvés par les autorités pour le traitement du H1N1. Ils agissent le plus efficacement lorsqu’ils sont utilisés dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes grippaux. Puisque les symptômes de la grippe saisonnière ressemblent beaucoup à ceux du H1N1, seul votre médecin ou infirmière pourra diagnostiquer la cause de vos symptômes.

D’ordinaire, le traitement dure cinq jours. Toutefois, dans les cas graves, notamment  chez les personnes immunodéprimées hospitalisées, un traitement plus long et des doses plus fortes sont recommandés par certains spécialistes des maladies infectieuses.

Voici quelques conseils utiles à l’intention des personnes recevant ces médicaments antiviraux  :

  • Prenez vos médicaments contre la grippe en suivant les instructions de votre médecin ou infirmière à la lettre. Si vous ne prenez pas vos médicaments à l’heure prescrite chaque fois, le H1N1 pourrait y devenir résistant. Si cela se produit, le médicament n’aura plus d’effet. De plus, vous pourriez transmettre une souche résistante du H1N1 à une autre personne.
  • Ne partagez pas vos médicaments antigrippaux. Si vous croyez qu’un proche est infecté par le H1N1, dites-lui de contacter un médecin ou infirmière pour obtenir de l’aide. Il est important de vérifier que la personne en question est infectée par le H1N1 avant qu’elle prenne des médicaments. Plusieurs autres affections provoquent des symptômes semblables à ceux du H1N1.
  • N’oubliez pas que l’oseltamivir et le zanamivir sont les seuls médicaments antigrippaux approuvés. Si votre médecin vous en prescrit, achetez vos médicaments à une pharmacie et non sur Internet. Les médicaments vendus sur Internet pourraient être dangereux.
  • Aucun produit de santé naturel (vitamines, plantes médicinales ou suppléments) n’a fait ses preuves pour la prévention ou le traitement du H1N1.

Pour en savoir plus sur le traitement du H1N1, visitez le site suivant des CDC américains (en anglais seulement) :
http://www.cdc.gov/H1N1flu/recommendations.htm

Innocuité des médicaments antiviraux

L’oseltamivir et le zanamivir n’ont pas été testés chez des femmes enceintes dans le cadre d’essais cliniques. Cependant,  comme certains médecins ont dû soigner des femmes enceintes à l’aide de ces médicaments, nous disposons de quelques données sur leur innocuité. Selon les CDC américains, on peut administrer ces médicaments aux femmes enceintes atteintes du H1N1. Le zanamivir a tendance à s’accumuler dans les poumons, alors que l’oseltamivir peut atteindre tous les tissus de l’organisme. Les CDC recommandent dont l’oseltamivir pour le traitement des femmes enceintes infectées par le H1N1.

  • Effets secondaires courants – oseltamivir

Certains patients se plaignent de nausées, de vomissements et de diarrhées. Si le médicament est pris avec de la nourriture, il est possible d’atténuer les nausées et les vomissements. Des enfants japonais recevant de l’oseltamivir auraient présenté des problèmes neuropsychiatriques, selon des rapports en provenance de ce pays. Toutefois, ce problème ne se serait pas produit chez des adultes, japonais ou autres.

  • Effets secondaires courants – zanamivir

Ce médicament peut irriter les poumons des personnes atteintes d’affections pulmonaires préexistantes comme l’asthme. Les CDC recommandent que les personnes vivant avec de telles affections aient recours à l’oseltamivir et non au zanamivir. Chez certains patients, le zanamivir peut provoquer diarrhées, nausées, maux de tête et étourdissements.

Pour en savoir plus sur les effets secondaires moins courants de ces médicaments, parlez à votre pharmacien.

Interactions médicamenteuses

Comme le H1N1 est une nouvelle infection, il y a peu de données sur les interactions entre les médicaments antigrippaux et les médicaments utilisés pour le traitement de l’infection au VIH. Jusqu’à présent, aucune interaction grave ou potentiellement mortelle n’a été documentée.

Ressources

Restez au courant de l’évolution de l’éclosion du H1N1 en écoutant les nouvelles ou en lisant le journal dans votre région. Les agences de la santé publique suivront de près la situation et publieront des informations au fur et à mesure. Voici quelques sources d’information fiables :

Agence de la santé publique du Canada
Ministère de la Santé du Québec
Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario
U.S. Centers for Disease Control and Prevention
Ministère de la Santé de France
Organisation mondiale de la santé

Remerciement

Nous tenons à remercier le Dr Curtis Cooper de l’Hôpital d’Ottawa pour sa collaboration précieuse à la préparation de cet article.

—Sean R. Hosein

 

 

 

RÉFÉRENCES :

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